” Protéger les données des sportifs, c’est protéger les sportifs eux-mêmes”
À l’occasion de la Journée de la protection des données, la FNASS souhaite rappeler une évidence trop souvent négligée : les données des sportifs professionnels ne sont pas de simples chiffres ou indicateurs de performance, elles sont l’expression directe de leur personne, de leur santé, de leur travail.
Dans un sport professionnel de plus en plus numérisé, les données occupent une place centrale. Données d’entraînement, données biométriques, physiologiques, médicales, données de géolocalisation, images, statistiques de performance, données contractuelles ou disciplinaires : le sportif professionnel est aujourd’hui l’un des travailleurs les plus exposés à la collecte massive et continue de données personnelles.
Les sportifs professionnels sont des salariés. À ce titre, ils doivent bénéficier des mêmes garanties fondamentales que tout travailleur en matière de protection des données personnelles. Or, dans le monde du sport, la frontière entre exigences de performance, innovations technologiques et respect des droits fondamentaux est souvent fragile.
Les clubs, ligues, fédérations, partenaires technologiques et prestataires collectent et traitent des volumes considérables d’informations, parfois sans transparence suffisante, sans réel consentement éclairé, ou sans maîtrise claire des finalités poursuivies. Cette situation crée un déséquilibre de pouvoir préoccupant entre l’employeur et le sportif, dont la carrière, la sélection ou la prolongation de contrat peuvent dépendre de données qu’il ne contrôle pas toujours.
Au-delà de leur statut de salariés, les sportifs professionnels sont des femmes et des hommes dont le corps est au cœur de leur activité. Les données physiques, physiologiques, biomécaniques ou encore morphologiques sont des données sensibles au sens le plus strict. Elles peuvent révéler l’état de santé, la fatigue, les vulnérabilités, voire anticiper des blessures ou une fin de carrière.
La protection de ces données ne relève donc pas uniquement d’une obligation réglementaire, mais d’un impératif éthique. Leur mauvaise utilisation, leur diffusion non maîtrisée ou leur conservation excessive peuvent avoir des conséquences durables sur la carrière, la réputation, la santé mentale et la vie personnelle des sportifs.
La FNASS appelle à une prise de conscience collective : la performance ne peut jamais justifier l’atteinte aux droits fondamentaux. Le respect du Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) doit être une base minimale, non un plafond.
Il est indispensable de garantir :
- Une information claire et accessible sur les données collectées et leurs finalités ;
- Un consentement libre et éclairé, sans pression liée à la relation de travail ;
- Une limitation stricte de l’accès aux données ;
- Une durée de conservation encadrée ;
- Un droit effectif d’accès, de rectification et d’opposition pour les sportifs.
En cette Journée de la protection des données, nous affirmons que les sportifs doivent être pleinement associés aux décisions qui concernent leurs données. Ils ne peuvent être de simples objets de mesure ou de surveillance permanente. Ils doivent être reconnus comme des acteurs à part entière, capables de faire valoir leurs droits.
Il est inconcevable que la commercialisation des données des sportifs se fasse sans leur accord explicite ou celui de leur représentant.
Protéger les données des sportifs, c’est aussi renforcer la confiance dans un sport professionnel plus juste, plus responsable et plus respectueux de l’humain.
La FNASS restera pleinement mobilisée pour défendre ces principes et accompagner les sportifs dans la protection de leurs droits à l’ère du numérique.
